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Où et comment ranger courges et potirons pour les garder jusqu'au printemps

Où et comment ranger courges et potirons pour les garder jusqu'au printemps

Une courge d'hiver bien mûre, séchée quelques jours puis rangée dans un endroit sec, aéré et frais, entre 10 et 15 °C, se garde de trois mois à plus d'un an selon la variété. Conserver les courges tient donc à trois gestes : récolter à maturité, faire sécher la peau, contrôler le stock chaque semaine.

Récolter au bon moment : la conservation commence au potager

Une courge cueillie trop tôt ne se conserve pas, quel que soit l'endroit où on la range. L'épiderme d'une cucurbitacée immature reste tendre, se raye à l'ongle et laisse entrer les moisissures. On cueille donc à pleine maturation, le plus souvent entre fin septembre et fin octobre, avant les premières gelées d'automne : une courge touchée par le gel devient molle et pourrit vite. Dans un potager du nord de la France, la cueillette se fait souvent début octobre ; plus au sud, elle peut attendre la fin du mois d'octobre.

Trois signes se vérifient au jardin :

  • le pédoncule, la tige qui relie le fruit à la plante, devient sec, liégeux et se fendille ;
  • l'écorce durcit et résiste à l'ongle ;
  • la feuille la plus proche jaunit puis se flétrit, et la couleur de la courge est franche et uniforme.

Pour cueillir, on coupe au sécateur en laissant 5 à 10 cm de queue. On ne porte jamais une courge par là : si elle casse, la plaie devient la porte d'entrée de la pourriture, et cette courge-là doit être mangée en premier. Cueillir après quelques jours sans pluie limite l'eau emportée dans la réserve. Les courges cognées, fendues ou marquées par une blessure sont mises de côté pour les repas de la semaine.

Faire sécher la peau avant de ranger

Le séchage, que les jardiniers appellent aussi « cure », est l'étape la plus souvent oubliée, et c'est elle qui fait la différence entre quelques semaines et plusieurs mois de conservation. Il durcit l'épiderme, cicatrise la coupe du pédoncule et achève la maturité de la chair, qui gagne en sucre.

Placer les courges dix à quinze jours dans un lieu chaud et ventilé : au soleil sur une planche si le temps le permet, sinon dans une serre ou une véranda, vers 20 à 25 °C. Elles ne doivent pas se toucher et seront retournées une ou deux fois. Ensuite, un simple essuyage avec un linge retire la terre ; on ne lave pas à l'eau, qui ramollit l'écorce.

Une astuce de jardinier consiste à essuyer chaque courge avec un linge imbibé d'eau vinaigrée pour limiter les moisissures. Le geste ne fait pas de mal, mais il ne remplace ni le séchage ni le tri : une courge blessée pourrira quand même. Autre astuce : poser une étiquette avec la date de cueillette sur chaque potiron ou potimarron dès la fin de la cure.

Où ranger courges et potirons pour l'hiver ?

Le bon endroit est sec, aéré, à l'abri de la lumière directe et du gel, avec une température stable entre 10 et 15 °C et une humidité modérée, autour de 60 à 70 %. Une chambre peu chauffée, un cellier, un garage isolé, un grenier sain ou le dessous d'un lit conviennent. La cave n'est une bonne idée que si elle est saine : une cave humide, même fraîche, fait moisir les fruits en quelques semaines.

Le réfrigérateur est à exclure pour une courge entière : trop froid, il abîme la chair rapidement. Une pièce de la maison trop chauffée, au-dessus de 20 °C, n'est pas meilleure : la courge se déshydrate, devient fibreuse et perd son goût. Pour conserver les courges d'une grande récolte, une bonne aération compte plus que la pièce choisie.

Pour le rangement lui-même :

  • poser les courges sur une étagère, une claie ou des cagettes, jamais à même le sol froid, sur un lit de paille ou de papier journal ;
  • prévoir un petit espace entre chaque courge, queue vers le haut, pour que l'air passe ;
  • ne pas les empiler : le poids marque l'écorce et crée des points de pourriture.

C'est le même principe que pour la conservation des pommes au fruitier : froid modéré, air qui circule, fruits séparés. On ne range toutefois pas les deux côte à côte, car les pommes dégagent un gaz qui accélère le mûrissement des autres fruits et légumes.

Combien de temps se conservent les courges d'hiver ?

La durée varie beaucoup d'une variété à l'autre. Les courges à écorce épaisse de la famille des musquées tiennent le plus longtemps ; celles à écorce mince se mangent d'abord. Les données ci-dessous sont des ordres de grandeur, relevés dans les conseils de jardiniers et de semenciers, pour un fruit mûr, bien séché et stocké dans de bonnes conditions.

VariétéDurée de conservationÀ savoir
Courge spaghetti2 à 4 moisécorce plus mince, à consommer d'abord
Potimarron3 à 6 moisse mange avec la peau, meilleur jusqu'en février
Potiron3 à 6 moisgros fruit, souvent entamé puis conservé en morceaux
Courge butternut6 à 8 moischair qui gagne en sucre après quelques semaines
Musquée de Provence8 à 12 moisécorce épaisse, très bonne longue conservation
Courge de Siam1 an et plusla championne, parfois plus de deux ans

Exemple concret : une cueillette de fin septembre qui compte deux courges à spaghettis, trois potimarrons, trois butternuts et une courge de Siam s'organise par ordre de consommation. Les deux premières variétés se mangent d'octobre à janvier, les butternuts prennent le relais de février à avril, et la courge de Siam peut attendre l'été suivant. Ranger les fruits sur l'étagère dans cet ordre évite d'oublier ceux qui tiennent le moins.

Questions fréquentes sur le stockage des courges

Faut-il laver les courges avant de les stocker ?

Non. L'eau ramollit l'écorce et apporte l'humidité que l'on cherche justement à éviter. Un chiffon suffit pour retirer la terre après le séchage.

Peut-on garder une courge entamée ?

Une courge coupée ne se garde plus à température ambiante. Le morceau restant, graines retirées et face coupée couverte d'un film alimentaire, se range au réfrigérateur et se cuisine sous trois à cinq jours.

Pourquoi mes courges pourrissent-elles pendant l'hiver ?

Les causes les plus fréquentes sont une récolte avant maturité, un pédoncule cassé, l'absence de séchage, une pièce trop humide ou des fruits qui se touchent. Une seule courge qui pourrit peut contaminer ses voisines, d'où l'intérêt d'un contrôle régulier.

Surveiller le stock chaque semaine

Une vérification hebdomadaire prend deux minutes et sauve souvent une partie de la réserve. On regarde surtout la queue et la base de la courge, là où la pourriture commence : une tache sombre, une zone molle, un duvet blanc ou un suintement signalent une courge à sortir. Ce risque augmente en fin d'hiver, quand les courges stockées depuis longtemps deviennent plus sensibles.

Une courge qui commence à s'abîmer n'est pas perdue pour autant. Si la tache est petite, on découpe largement la partie touchée et on cuisine le reste le jour même, comme pour des fruits abîmés encore mangeables. Si la chair est molle en profondeur ou sent le fermenté, elle part au compost, et on vérifie les fruits qui la touchaient.

Tenir un petit relevé, une simple feuille posée sur l'étagère avec la date de récolte et la variété, aide à suivre le temps écoulé et à respecter l'ordre de consommation. Une courge qui sonne creux quand on la tapote et dont l'écorce reste dure est en bon état. Dans une grande réserve, on évite de stocker à proximité un cageot de pommes ou un bouquet d'herbe aromatique fraîche qui apporte de l'humidité.

Congeler, sécher ou cuisiner les courges pour prolonger la saison

Quand un fruit est entamé, légèrement abîmé ou que la réserve est trop importante, d'autres méthodes de conservation prennent le relais.

  • Congeler : éplucher, épépiner et couper la chair en cubes, crue ou après l'avoir blanchie deux ou trois minutes ; on peut aussi congeler une purée ou une soupe déjà cuite. La chair se garde longtemps au congélateur et s'utilise directement dans une recette de soupe, de gratin ou de purée.
  • Déshydrater : de fines tranches séchées au four très doux ou au déshydrateur donnent des chips à grignoter ou des morceaux à réhydrater dans un plat mijoté.
  • Mettre en bocaux : soupe, velouté ou chutney de courge en conserve stérilisée tiennent jusqu'à la saison suivante.

Les graines ne sont pas à jeter : lavées, séchées et grillées, elles se mangent à l'apéritif. Pour faire ses propres semences, on les prélève sur une courge bien mûre d'une variété non hybride cultivée au potager, on les laisse une à deux semaines sur un papier puis on range ces semences dans une enveloppe, prêtes pour un semis au jardin au printemps, comme on le ferait pour garder les noix à l'abri de l'humidité.

Les erreurs qui font perdre une réserve

La plupart des pertes viennent de quelques erreurs répétées d'une année à l'autre :

  • récolter après une gelée ou trop tôt, sur un fruit à peau tendre ;
  • porter la courge par sa queue et la casser ;
  • ranger directement en cave sans séchage préalable ;
  • empiler les courges dans une caisse fermée, sans aération ;
  • stocker près d'une source de chaleur, d'un mur froid et humide ou d'un cageot de pommes ;
  • oublier le stock plusieurs semaines sans contrôle.

À l'inverse, une cueillette faite par beau temps, une bonne cure et un rangement espacé suffisent pour manger des courges d'hiver de l'automne jusqu'au printemps. Les conseils de ce site valent aussi pour une courge achetée au marché, pourvu qu'elle ait sa queue. La liste de nos légumes de saison aide à prévoir le relais quand la réserve s'épuise.

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